Asud Journal - Ouin

“ Pour faire reculer la prohibition, dire la vérité sur les drogues ne suffit pas…”

Anne Coppel a écrit un second livre. Elle y raconte le “Bus des femmes”, Arcat, la Clinique liberté, des noms qui résonnent dans la mémoire des premiers acteurs de la réduction des risques. Elle raconte aussi Asud. Nous l’avons donc interrogée, elle nous a répondu comme Platon ‑: la vérité seule ne sert à rien, elle n’est qu’une ombre profilée sur les murs de la caverne.Asud journal, n°24, Mars 2003, pp. 34-36

La réduction des risques est un territoire peuplé d’incorrigibles bavards. Pour pouvoir en placer une, Anne Coppel s’est décidée à écrire un ouvrage de synthèse, Peut-on civiliser les drogues ? (éd. La découverte). Anne Coppel est pour Asud ce que certains camarades appelaient un compagnon de route. Elle est d’abord une amie qui a suivi, avec bienveillance et un certain amusement, les premiers pas titubants de l’association. Ensuite, nous avons toujours retrouvé Anne dans les moments de lutte, que ce soit aux côtés de Jean-Pierre Galland, le président du CIRC, ou lors des manifestations du Collectif d’abrogation de la loi de 70 (CAL 70). Pour beaucoup d’entre nous, Anne est emblématique de cette réduction des risques à la française qui servit de matrice à Asud et à bien d’autres associations. Depuis Le Dragon domestique, écrit avec Christian Bachmann en 1989, Anne Coppel avait publié plusieurs livres ou articles. Mais cette fois, elle parle en son nom propre. De 1992 a aujourd’hui, elle a surtout été une militante. Elle a animé le collectif Limiter la casse, qui a regroupé les usagers de drogues et leurs alliés. Elle a ensuite dirigé trois programmes méthadone, dont le dernier, Emergence, a su répondre à l’urgence en abaissant le seuil d’exigence. Fondatrice de l’Association française de réduction des risques (AFR) en 1999, elle nous livre cette année sa réflexion sur la véritable révolution copernicienne que fut en France l’adoption des principes de réduction des risques…[/su_quote]La réduction des risques est un territoire peuplé d’incorrigibles bavards. Pour pouvoir en placer une, Anne Coppel s’est décidée à écrire un ouvrage de synthèse, Peut-on civiliser les drogues ? (éd. La découverte). Anne Coppel est pour Asud ce que certains camarades appelaient un compagnon de route. Elle est d’abord une amie qui a suivi, avec bienveillance et un certain amusement, les premiers pas titubants de l’association. Ensuite, nous avons toujours retrouvé Anne dans les moments de lutte, que ce soit aux côtés de Jean-Pierre Galland, le président du CIRC, ou lors des manifestations du Collectif d’abrogation de la loi de 70 (CAL 70). Pour beaucoup d’entre nous, Anne est emblématique de cette réduction des risques à la française qui servit de matrice à Asud et à bien d’autres associations. Depuis Le Dragon domestique, écrit avec Christian Bachmann en 1989, Anne Coppel avait publié plusieurs livres ou articles. Mais cette fois, elle parle en son nom propre. De 1992 a aujourd’hui, elle a surtout été une militante. Elle a animé le collectif Limiter la casse, qui a regroupé les usagers de drogues et leurs alliés. Elle a ensuite dirigé trois programmes méthadone, dont le dernier, Emergence, a su répondre à l’urgence en abaissant le seuil d’exigence. Fondatrice de l’Association française de réduction des risques (AFR) en 1999, elle nous livre cette année sa réflexion sur la véritable révolution copernicienne que fut en France l’adoption des principes de réduction des risques…

 

Asud : Ce titre, Peut-on civiliser les drogues ?, n’est vraiment pas génial. Pourquoi pas Le Dragon domestique II ou Le Dragon domestiqué ? Mais au fait, c’est quoi le ”Dragon”? La drogue, la dépendance, la culpabilité des consommateurs ?

Anne Coppel : Pour moi, le Dragon c’est la guerre à la drogue qui transforme la drogue en démon. Saint Georges coupe les têtes du Dragon, lesquelles repoussent à chaque fois. Ce n’est certainement pas la culpabilité. D’ailleurs, la culpabilité ça n’a jamais été mon truc…

Asud : Mais tu ne peux pas nier que ça existe.

A. C. : Bien sûr. Mais c’est aussi une construction sociale, comme la dépendance. Ça ne veux pas dire que c’est une mythologie. Une construction sociale, c’est la façon dont nous comprenons les choses. Ce que raconte ce livre, c’est comment en changeant de façon de faire, nous avons tous changé de façon de penser. Pour moi, la réduction des risques (RdR) ne s’arrête pas aux mesures sanitaires. Ce qui est en jeu, ce sont les relations entre les usagers et la société et c’est aussi la relation au produit “drogue”.

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