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Prostitution et santé publique / Recherche – Action / OMS

RECHERCHE-ACTION

WHO COLLABORATING CENTRE ON AIDS

CENTRE COLLABORATEUR O.M.S. SUR LE SIDA

INSTITUT DE MÉDECINE ET D’ÉPIDÉMIOLOGIE AFRICAINES ET TROPICALES

(FONDATION Léon MBA)

 

RÉDIGÉ PAR :

Anne Coppel, Lydia Braggiotti, Isabelle de Vincenzi, Sylvie Besson, Rosemary Ancelle, Jean-Baptiste Brunet

 

1. PRESENTATION DU PROJET

1.1. Les objectifs de la recherche-action

Le projet a pour objectif général l’évaluation des besoins de santé des femmes prostituées à Paris. Il fait suite à la rencontre de femmes avec plusieurs équipes, Centre Collaborateur OMS sur le SIDA, Agence Française de Lutte contre le SIDA (AFLS), acteurs de terrain lors d’une journée d’information sur la prévention MST et SIDA organisée à la demande de femmes prostituées le 28 novembre 1989 à l’Eglise st Merri. Chacun des partenaires qui s’y sont engagés, partageait au départ une analyse commune : pour être efcace, la lutte contre les MST doit être intégrée aux pratiques prostitutionnelles.

Le projet s’est donc défini, dès le départ comme une recherche-action : il fallait évaluer le niveau actuel de cette intégration en le situant dans son contexte, connaître l’état de santé des femmes prostituées et identifier les problèmes qu’elles rencontrent dans l’accès aux soins. En même temps, pour mettre en oeuvre de nouvelles actions de prévention, il fallait s’appuyer sur les prostituées elles-mêmes et rompre leur isolement. Le projet devait concrétiser cette démarche, ou, tout au moins, l’expérimenter.

Demander à une prostituée si elle utilise le préservatif avec ses clients, si elle consomme des drogues, si elle est malade, si elle se soigne, si elle est contaminée par le virus du SIDA, relève de la gageure. Chacune de ces questions peut être vécue comme une menace ou une agression. La prostitution est à la fois un commerce (elle a une image de marque à protéger) et une pratique non-reconnue, entourée d’activités illégales qui doivent être tenues secrètes. Les questions apparemment les plus anodines, peuvent être ressenties comme redoutables ou douloureuses. L’affiliation à la sécurité sociale par exemple, renvoie directement à la situation familiale, au mari ou concubin (qui peut être inculpé de proxénétisme) et aux enfants (parfois en nourrice ou menacés de placement). Le silence sur certains sujets est donc fonctionnel. Il peut être aussi culturel, comme tout ce qui touche à la pratique professionnelle et à la relation au client.

L’enquêteur peut toujours prétendre qu’il ne cherche ni à juger ni à nuire, et le professionnel de santé publique qu’il agit pour le bien d’autrui. La bonne volonté ne peut suffire. Il faut des garanties efectives.

Conçu à l’initiative de Lydia Braggiotti avec la participation active et continue de femmes prostituées, le projet et chacun de ses objectifs ont été ainsi négociés à l’aune de leur utilité et dans la mesure où ils répondaient aux préoccupations de ces femmes.

Quatre objectifs ont finalement été retenus:

a) Identifier les problèmes et les demandes en matière de santé de la population prostituée féminine de rue.

b) Décrire les principales caractéristiques et les évolutions de cette population tout au moins celles qui peuvent être liées à leur santé.

c) Identifier les services médicaux et sociaux auxquels elles ont recours pour les problèmes de santé.

d) Evaluer la pertinence et l’acceptabilité d’actions de prévention destinées aux femmes prostituées et à leurs clients.

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