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Vies et Portraits, Olievenstein Claude – Universalia 2009

(1933-2008)

« OLIEVENSTEIN CLAUDE (1933-2008)  »,

Encyclopædia Universalis [en ligne].

Publié dans l‘Encyclopædia Universalis, pp. 494-495

Claude Olievenstein est né à Berlin en 1933. Avec le Centre Marmottan qu’il a fondé en 1971, ce médecin psychiatre a été durant trente années de carrière la figure de proue de l’école française du soin aux toxicomanes. Personnage charismatique, il s’est fait le garant d’une éthique de soin qui refuse l’enfermement, dans le respect du choix des patients. Confronté pendant son enfance au nazisme et à l’antisémitisme, il n’a cessé d’affirmer le devoir de révolte contre « la haine, le mépris, les certitudes, l’ordre » au nom des valeurs de l’humanisme.

Olievenstein fait ses études de médecine à Paris ; il suit l’enseignement du professeur Pierre Baruch tout en se réclamant de Freud. Interne à l’hôpital de Maison-Blanche puis de Villejuif, il dénonce l’institution asilaire, dans le droit fil des idées de Mai-68, de l’antipsychiatrie à Michel Foucault. Il est également influencé par le mouvement psychédélique lors d’un voyage en Californie en 1967. En 1968, il soutient sa thèse de médecine, qu’il consacre au LSD. Psychiatre, il reçoit ces jeunes drogués qui refusent les soins en psychiatrie, à l’époque seule réponse institutionnelle. À la recherche de réponses mieux adaptées, le docteur Olievenstein va sur les quais de la Seine, à la rencontre de ces jeunes marginaux, offrant des consultations sur place comme les free-clinics à San Francisco. Le centre expérimental de cure qu’il crée à l’hôpital Marmottan à Paris offre aussi un lieu de vie et un refuge. Rien n’est imposé, la demande de soin est volontaire, sous le couvert de l’anonymat et de la gratuité. L’accompagnement s’interdit tout jugement moral et reconnaît la dimension du plaisir. La toxicomanie est définie par « la rencontre d’une personne, d’un produit et d’un moment socioculturel » (de l’anglais drug, set and setting). Dans une perspective psychodynamique, il élabore le concept de « miroir brisé » pour rendre compte, chez le toxicomane, de la liquidation partielle, inachevée, du stade fusionnel avec la mère. Sous son a […] Lire la suite / URL

 

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